Dans un article publié dans Le Monde le 16
Septembre 2009, Ariel Schweitzer revient sur l’« engagement à géométrie variable » du cinéaste Ken Loach. En voici un extrait :
« On a appris cet été que le cinéaste Ken Loach, qui devait présenter son dernier film, Looking for Eric, au Festival de Melbourne, en Australie, a
décidé de le retirer du programme. Loach a voulu ainsi protester contre la participation à cette manifestation d'un film israélien, Le Sens de la vie pour 9,99 dollars, dont les frais de
voyage de l'auteur, Tatia Rosenthal, ont été payés par une institution publique israélienne. Auparavant, Loach avait demandé au directeur du festival, Richard Moore, de refuser la contribution
financière israélienne. Devant le refus de ce dernier, qui a qualifié l'exigence de Loach de « chantage », le cinéaste anglais a choisi de boycotter l'événement. »
Et ce n’est pas la première fois que le réalisateur emploie cette méthode assez particulière (festival de Edimbourgh en mai 2009). Surprenant tout de même de la
part d’un cinéaste « engagé » de tomber dans le travers du chantage et finalement de la censure. Pas vraiment ouvert, comme attitude pour un « intellectuel de gauche ». Non seulement il
empêche des réalisateurs de montrer leur film (ah, la grande famille du cinéma !), mais en plus il s’attaque à la culture même, et surtout à la liberté d’expression. Bel
exemple !
Le cinéaste américain est devenu officiellement
le pape du recyclage… cinématographique. « Que vais-je faire de mes vieilles cassettes vidéo, se demande le Quentin ? Bin, je prends un morceau de série B, un morceau de western que je
saupoudre d’hémoglobine, de scènes de torture, de dialogues interminables, et puis mes scènes préférées de série Z asiatiques et j’en fait… mon nouveau film : Inglourious
Basterds ! ». Bon, pourquoi pas, s’il y a des amateurs. Mais lorsque ce dernier se colle au film de guerre, et se permet de récrire l’Histoire en flinguant Hitler et ses sordides
sbires dans un cinéma (ouah le message !), là ce n’est plus drôle du tout. Ça sent même la fosse septique.
HOME ressemble peut être a du
catéchisme écologique mais il a le mérite d’être un film responsable.
Lues dans deux médias non spécialisés « cinéma », deux petites infos dont j'aimerais vous faire part :
- Le site Internet Figaro révèle aujourd'hui que Giovanni Venosa qui joue le rôle d'un chef de clan de la Camorra, la mafia napolitaine, dans le film Gomorra a été arrêté il y a quelques jours près de Naples pour activités mafieuses. Il est le troisième acteur
amateur de Gomorra a être placé sous les verrous pour ce genre de motif. Bientôt le tour du directeur de casting ?
- Dans Le Monde du 24 décembre, le journal révèle ses films préférés de 2008 (l'année n'est pas encore terminée mais comme tout le monde se prête au jeu...) et là, sourire !
Voici la liste de Jean-François Rauger :
1- La Frontière de l'aube (Philippe Garrel)
2- Christophe Colomb, l'énigme (Manoel de Oliveira)
3- Dernier maquis (Rabah Ameur-Zaïmeche)
Jusqu'ici, tout est « normal » pour un journal comme Le Monde, mais la fin du classement est plus croquignolette :
4- Chronique des morts-vivants (George Romero)
5- John Rambo (Sylvester Stallone)
Ah, c'est chouette, l'éclectisme...
Je n'étais déjà pas vraiment motivé par le projet Mesrine dans son ensemble (cf. l'article
Mesrine : un film dangereux ?). Mais l'affiche de Mesrine Part 2,
et son évocation christique (en gros, c'est la même affiche que La
Passion de Gibson), m'a littéralement soufflé. Mesrine = le Christ ! Bon sang mais c'est bien sûr ! Quel brillant amalgame ! Faut dire qu'il n'en sont pas à une
aberration près avec ce projet : il y a quelques mois l'acteur principal avait expliqué dans un célèbre magazine « Quand je me vois dans le miroir, avec mes armes, j'ai aussi
l'impression de faire un film sur la Résistance » (Télérama n° 3015). Quand on pense que ce raciste revendiqué est déjà une idole dans les banlieues, on se demande où l'on va. S'il vous
plait, les gars, arrêtez vos conneries et ne vous trompez pas de héros...
Commentaires