Un blog pour et par les cinéphiles, avec des critiques de films, nos projets personnels et des filmographies. A toute suite !
De : Martin Scorsese
Avec : Tenzin Thuthob Tsarong , Gyatso Lukhang …
L’histoire : Histoire du quatorzième dalaï-lama, de son plus jeune âge à l'invasion du Tibet par l'armée de Mao, obligeant son exil en Inde en 1959…
Mon avis : Etonnant projet tout de même, que cette biographie du chef spirituel tibétain par le réalisateur de Taxi Driver ou des Affranchis ! Pourtant, les admirateurs du maître savent bien que Scorsese ne sait pas filmer que des gangsters ou des mafieux en quête de rédemption. Bien sûr, il y eut La dernière tentation du Christ ou Le Temps de l’innocence. Surtout, Kundun est une nouvelle façon pour Scorsese de développer une thématique toute personnelle : comment vivre ses aspirations spirituelles dans un monde (ou un milieu) qui ne veut pas en entendre parler ? Il y a un vrai défi dans ce film : faire d’un jeune homme qui ne doit pas montrer ses émotions un héros cinématographique. Heureusement le scénario de Melissa Matheson (scénariste de E.T) ne fait pas du dalaï-lama un être totalement déconnecté du monde. Ce n’est pas un hasard si on le voit souvent en position de spectateur (à sa fenêtre, derrière un télescope ou devant un film d’actualités), non pas comme un être désincarné ou passif mais comme un chef soucieux pour l’avenir de son peuple. Techniquement, le film est une splendeur : la mise en scène est impressionnante de fluidité (s’autorisant par moments des plans d’une surprenante violence graphique) et la photographie de Roger Deakins (True Grit, Les Noces rebelles) un maelström de rouge et de jaune. La musique de Philip Glass, tour à tour apaisée et inquiétante, apporte également une valeur ajoutée à ce film singulier, tourné au Maroc avec des acteurs tibétains pour la plupart non-professionnels, et au rythme majestueux (que d’aucuns trouveront trop lent), mais complètement envoûtant.