Un blog pour et par les cinéphiles, avec des critiques de films, nos projets personnels et des filmographies. A toute suite !
De : Ingmar Bergman
Avec : Max von Sydow, Bibi Andersson…
L’histoire : De retour des croisades, le chevalier Antonius Blok rencontre la Mort sur son chemin. Il lui demande un délai et propose une partie d'échecs. Dans le même temps, il rencontre le comédien Jof et sa famille…
Mon avis : Le titre et les premières paroles du film évoquant l’Apocalypse selon Saint Jean, le spectateur devine assez vite qu’avec Le Septième sceau, il ne va se tenir les côtes pendant quatre-vingt dix minutes. Film ouvertement métaphysique, cet opus bergmanien pose des plus frontalement les questions qui hantent le cinéaste (fils de pasteur, rappelons-le) : « Dieu existe-il ? Si oui, pourquoi son silence ? La vie a-t-elle un sens ? » Réalisé en 1956 et sorti en pleine guerre froide, il fit découvrir le cinéma suédois et contribua à la grande notoriété de Bergman. Sélectionné à Cannes en 1957 où il remporta le prix spécial du jury, Le Septième sceau était l’un des films préférés du cinéaste, même s’il le considérait comme imparfait. Il est vrai que le jeu parfois théâtral et les différents tableaux (inégaux ou sans intérêt pour l’avancée de l’intrigue) ont quelque peu vieilli. Heureusement, le film possède une esthétique irréprochable, si bien que certaines images marquantes et impressionnantes (le jeu d’échecs avec la mort, la procession du village) sauvent le film de l’austérité ennuyeuse. Le Septième sceau intéresse surtout par les questions qu’il soulève, et par le portrait que le cinéaste propose de lui-même. Voilà sans doute pourquoi il accorde un traitement égal à ses personnages : un couple de baladins (âmes pures et porteuses de vie), un chevalier à l’esprit torturé par ses questions existentielles et un écuyer sceptique. Un film à voir, même si on peut lui préférer (et de loin) Les Fraises sauvages, Monika ou Vers la joie. Petite anecdote : en 2009, deux ans après la mort du réalisateur, les héritiers de Bergman ont vendu à sa demande des effets personnels lui appartenant. Parmi, les lots, le fameux jeu d’échecs qui apparaît dans le film. Devinez quoi ? Il manquait une pièce, celle du roi…