Un blog pour et par les cinéphiles, avec des critiques de films, nos projets personnels et des filmographies. A toute suite !
De : Won Kar-Wai
Avec : Tony Leung, Zhang Ziyi…
L’histoire : Chine, 1936. Ip Man, mène une vie prospère à Foshan où il partage son temps entre sa famille et les arts-martiaux. C’est à ce moment que le Grand maître Baosen, à la tête de l’Ordre des Arts Martiaux Chinois, cherche son successeur…
Mon avis : Six ans après My Bluberry Nights, Wong Kar-Wai revient avec un film de kung-fu ! Le réalisateur hong-kongais livre avec The Grandmaster une biographie très personnelle du maître d’arts martiaux Ip Man, celui-même qui forma enfant un certain Bruce Lee. Personnelle puisqu’on y retrouve l’esthétisme chatoyant qui ont fait le succès de ses films depuis In the Mood for Love : ralentis, mélancolie assumée, femmes superbes et amours secrètes, tout y est. Mais il faut dire que Wong Kar-Wai surprend dans les scènes de combats, toutes odes au mouvement et à la précision. On retiendra particulièrement la scène d’ouverture sous la pluie (trente jours de tournage !) et celle qui voit Zhang Ziyi "tatanner" en manteau de vison un rival bien torve sur un quai de gare enneigé. Mais The Grandmaster n’est pas qu’un film de kung-fu tout ce qu’il y a de basique (un peu con, un peu fou) : l’Histoire (et celle de la Chine en particulier) et la spiritualité y tiennent une place prépondérante dans les destins des personnages. Certes, le tempo du film s’avère parfois déroutant. Cela est sans doute à mettre sur le compte d’un projet tellement ambitieux au départ (début du tournage : septembre 2009) qu’il dut subir quelques coupes sombres dans la salle de montage. Mais à l’arrivée, il est indubitable que Wong Kar-Wai a réussi son pari. Cerise sur le gâteau : il se fend même d’un superbe hommage à Il était une fois en Amérique de Sergio Leone à la toute fin de son film. La mélancolie a vraiment du bon…