Un blog pour et par les cinéphiles, avec des critiques de films, nos projets personnels et des filmographies. A toute suite !
Dans son numéro 45 de décembre 2010/janvier 2011, Philosophie Magazine nous offre son interprétation philosophique de 8 films d’animation Pixar dans son article intitulé "Voyage en Pixarosophie". En voici les idées principales, mais on ne serait que trop vous recommander la lecture de l’article intégral si le sujet vous intéresse.
Toy Story 1 (1995) : Que fait un jouet quand il est seul ?
Il joue pour se détendre et prend conscience de sa nature de jouet. C’est le chemin que fera Buzz l’Eclair (au départ persuadé qu’il a pour mission de sauver la planète) après une crise existentielle. C’est aussi le chemin qui attend les enfants qui doivent prendre de la distance pour construire leur identité.
Toy Story 2 (2000) : L’ego en question
Woody, enlevé par un trafiquant qui veut le vendre à un musée japonais, connait une crise narcissique et rêve de gloire aux côtés des autres personnages de son univers (tous vêtus du même « uniforme »). Mais il comprend qu’il ne sera heureux qu’en retrouvant sa place dans son groupe d’amis.
Toy Story 3 (2010) : Le recyclage comme forme d’immortalité ?
Tout comme les humains, les jouets ont une finitude. Cette finitude pose des questions sur le sens de la vie et sur l’après. Ici, le « paradis » des jouets est la seconde vie qu’ils trouvent chez un nouvel enfant, dans un cycle perpétuel.
1001 pattes (1998) : De la monarchie à la démocratie
La princesse fourmi doit apprendre à gouverner et hésite sur le modèle à choisir. Finalement, elle s’associe à une bande de saltimbanques issus d’un autre milieu et s’appuie sur une fourmi capable d’outrepasser les règles traditionnelles pour s’imposer.
Monstres et compagnie
(2001) : Le rire stratégie plus rentable que la peur ?
La concurrence effrénée mise en place par le management de l’usine de Monstropolis dérive sur la conception d’une machine automatique, alors que le héros découvre une énergie plus puissante encore que les cris d’enfants : leurs rires. Ainsi, Pixar communique sur la conception de ses studios, proposant toutes les commodités (des garderies aux cours de sports) avec de grands carrefours d’échange entre tous ses employés. Mais on peut aussi y voir une métaphore d’internet avec des portes qui s’ouvrent sur des mondes divers et variés, avec la crainte de ce qu’on va trouver une fois la porte ouverte.
Les Indestructibles (2004) : Quel est le
rôle des super héros dans une société pacifiée ?
A l’aube de leur quarantaine, M. & Mme Indestructibles ont fondé une famille et sont bien loin des combats contre les forces du mal qui ont rythmé leur jeunesse. Dans une société pacifiée, l’exercice manque et ils se sont laissés débordés par le quotidien et les kilos superflus. Ils sont devenus inutiles, et sont même rejetés pour leurs supers pouvoirs, vus comme des privilèges dans une société tellement démocratique qu’elle refuse ce qui ne peut être partagé et les condamne donc à être comme les autres.
Ratatouille (2007) : Un rat exalte l’artisanat
Rémi valorise les produit, passe du temps derrière les fourneaux et s’oppose à la malbouffe surgelée… proposée aux lobotomisés de Wall-E. Les amoureux de leur art prennent le temps et savent profiter de la vie.
Wall-E (2008) : Le robot écolo sensible au beau
Le robot esthète Wall-E est mis en opposition des humains consuméristes et obèses. En les ouvrants à l’art, Wall-E les sauvera de la lobotomie et les ouvrira à des relations humaines riches et aux émotions. Le robot déglingué aura toujours plus de charme que les outils les plus sophistiqués.