Un blog pour et par les cinéphiles, avec des critiques de films, nos projets personnels et des filmographies. A toute suite !
La voix de son
maître
De : Michel Hazanavicius
Avec : Jean Dujardin, Bérénice Bejo, James Cromwell…
L’histoire : Hollywood 1927. George Valentin est une vedette du cinéma muet qui additionne les succès. Mais l'arrivée des films parlants va bousculer sa carrière…
Mon avis : Enorme succès de l’année 2011, multi récompensé (six César, trois Golden Globes et cinq Oscar !) et encensé par le public comme par la critique, The Artist est une gourmandise de cinéphile. Entreprise ô combien casse-gueule, le film rend un hommage vibrant et sincère aux films muets Hollywoodiens. Techniquement, The Artist est une réussite incontestable : cadrages magnifiques, direction artistique impeccable, montage inventif, bref, on en prend plein la vue. Le spectateur sent parfaitement combien le réalisateur et ses acteurs ont bien travaillé pour le film, et surtout combien le plaisir fut grand pendant le tournage, notamment pour un Dujardin (très bien, même si on se demande encore comment l’Oscar a échappé à DiCaprio pour J. Edgar) jouant les Douglas Fairbanks avec une évidente jubilation. Pourtant, il faut avouer que le film peine quelque peu à émouvoir : le personnage de Georges Valentin est un cabot sympathique mais égocentrique, dont les déboires ne bouleversent guère. En effet, le scénario, très linéaire et sans surprise, reste trop centré sur son « héros ». Un exemple : la crise de 1929 n’est évoquée que pour montrer combien Valentin a du mal à rembourser son premier film en tant que producteur-réalisateur. Ainsi, The Artist, le film comme le personnage, ne voit pas plus loin que les portes des studios de cinéma, et n’atteint pas l’universel comme l’aurait fait un Chaplin, par exemple. Malgré cette réticence, The Artist remporte haut la main la main son pari un peu fou : oui, à l’heure de la 3D et de l’Imax, il est encore possible de déplacer les foules avec un film en noir et blanc et muet…