Un blog pour et par les cinéphiles, avec des critiques de films, nos projets personnels et des filmographies. A toute suite !
Par Aurel

Torturé mais lumineux
Avec : Marlon Brando, Karl Malden…
L’histoire : Après le braquage d’une banque, Rio et son ami Dad s’enfuient dans le désert. Dad abandonne son complice qui passera cinq ans en prison avant de s’évader. Rio le retrouve vite mais il a refait sa vie et est devenu le shérif d’un petit village en bord de mer…
Mon avis : Le film tiré d’un scénario de Sam Peckinpah, devait au départ être réalisé par Stanley Kubrick, qui venait de réaliser Les sentiers de la gloire . Mais Brando ne s’entendant pas avec ce dernier (comme c’est étonnant !), débarqua le réalisateur et décida de prendre les rennes d’un tournage qui dura six mois. La vengeance ressemble à sa star : faussement indolent, avec une tendance au masochisme et au désespoir, saupoudré d’un brin de psychanalyse (le "méchant" s’appelle Dad). Les producteurs réduirent le montage final, qui au départ durait 4h42, pour le ramener à 2h20. Si Brando désavoua plus ou moins le résultat, le film, sorti en 1961, est à découvrir pour plusieurs raisons : d’abord pour son cadre (Monterey, en Californie, dont les vagues rappellent celles d’A l’Est d’Eden de Kazan, avec qui l’acteur travailla pour Un tramway nommé désir), ce qui est plutôt inhabituel pour un western. Son rythme ensuite, savant mélange de calme (la mer, les femmes) et d’explosion brutale (les hommes). On retiendra enfin et surtout l’interprétation de Brando, qui poursuit ici son habituelle (mais toujours magnétique) destruction du mâle américain, en proie à ses démons autodestructeurs. Quand l’Actors studio s’attaque au western, cela donne un film atypique pour un acteur qui ne l’est pas moins.
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