Un blog pour et par les cinéphiles, avec des critiques de films, nos projets personnels et des filmographies. A toute suite !

Utile
mais pas subtil
Avec : Sami Bouajila, Jamel Debbouze, Roschdy Zem, Samy Naceri...
L'histoire : En 1943, tandis que la France tente de se libérer de l'occupation nazie, parcours de Abdelkader, Saïd, Messaoud et Yasser, sont parmi les 130 000 indigènes à s'engager pour
défendre la mère patrie.
Mon avis :Indigènes a été très compliqué à monter. Il est aujourd'hui à l'affiche et les résultats du premier jour d'exploitation sont très satisfaisants. La ténacité paie donc, et
d'une certaine façon, je m'en réjouis car je sais combien il est difficile de monter un film, même le plus court qui soit ! Difficile également de passer outre l'impressionnant battage
autour de ce film, battage qui a souvent le résultat inverse de l'objectif affiché. C'est le jeu, et le cinéma hollywoodien nous y a habitués depuis pas mal de temps déjà. Enfin il est tout
autant difficile de faire la critique d'un film empli de sincérité mais qui s'avère somme toute décevant, pour deux raisons en particulier. Tout d'abord l'absence de véritable enjeu
dramatique : Indigènes n'a pas de fil conducteur, manque de fluidité et additionne des tableaux souvent longuets où les personnages, simples esquisses, n'accrochent pas vraiment.
Les acteurs font de leur mieux, mais seuls Sami Bouajila et Bernard Blancan sortent du lot. Le second reproche concerne les scènes de guerre, platement filmées, déjà vues mille fois et qui ne
rivalisent aucunement avec celles de Jeunet par exemple. Un mot sur Jamel Debbouze : sa côte d'amour dans notre pays est énorme certes, mais toute crédibilité s'efface
quand «on » (je ne suis pas naïf, il est aussi le coproducteur du film) lui donne le rôle d'un soldat : comment l'armée a t-elle pu engager un soldat invalide avec un bras valide
incapable d'utiliser et de recharger son fusil ? D'autant plus que nulle explication dans le scénario ne vient expliquer ce fait. Je passerai enfin sur quelques anachronismes
(le mot « quota » utilisé plusieurs fois) et autres maladresses. Voilà, j'aurai voulu être plus surpris par ce film utile et honorable, mais trop lent et pas assez poignant.