Bien
Avec : Lucas Belvaux, Eric Caravaca, Natacha Régnier... L'histoire : Liège, aujourd'hui, avec ses chômeurs mis à la porte des usines après 20 ou 30 ans de bons et loyaux services. L'ennui, le manque d'argent et de
sommeil, mais aussi de fugaces moments de joie. La vie d'un groupe d'hommes à la dérive qui vont tenter le tout pour le tout en braquant l'usine ou ils ont travaillé si longtemps. Mon avis : Lucas Belvaux le dit lui même, la raison du plus faible est évidemment l'écho de la raison du plus fort, le discours dominant qu'on entend tous les
jours. Il choisit ici de mettre en lumière, et surtout de donner la parole à la classe ouvrière qu'on ne voit aux infos qu'en cas de grève. Il y réussit très bien et signe un film social, sans être
politique pour autant, chose rare dans le cinéma français. Le film n'est pas estival, mais si vous arrivez à vous motiver pour y aller, ça vaut le coup.
Conseil : nous avons vu le film en avant première, et, si vous en avez l'occasion, ne ratez pas une séance en présence de Lucas Belvaux : il est intarissable et très intéressant.
Pour faire très simple, La loi du plus faible est un habile croisement entre le cinéma de Ken Loach et celui de Jean-Pierre Melville. Cela peut paraître étonnant, mais la formule fonctionne bien, même s'il n'atteint pas toujours la cîme des maîtres cités précedemment. Lucas Belvaux est un cinéaste passionnant (revoir Cavale et Après la vie) , qui a des choses à dire sans être pontifiant ni arrogant. Il y a dans ce cinéma là un désir de placer l'humain au centre des préoccupations, et de raconter des vies d'écorchés de la vie qui essayent de faire quelque chose, même si l'on sait qu'ils se trompent. Comme le précise Ly, allez voir le film si possible présenté par son auteur: que l'on soit d'accord ou pas avec ses propos, son enthousiasme à parler de ces gens qu'il connaît bien le rend singulièrement attachant.