A la lecture d’unarticle de Téléramasur le tournage du prochain film de Jean-François Richet Mesrine (au budget pharaonique de 45 millions d’euros, dix fois le budget d’un long métrage moyen nous
rappelle le magazine), j’ai cru vomir. L’article n’est qu’une élégie morbide et déplacée sur un bien triste personnage au parcours sanglant et plein de haine. Lisez plutôt : « A l’origine,
dit Vincent Cassel, l’interprète de Mesrine, je ne suis pas fan du personnage. Mais ce qui m’intéressait, c’est que Jacques Mesrine, un ancien d’Algérie, est une icône dans les cités ! C’est un
beau paradoxe ». Mais l’acteur va plus loin dans le mauvais goût : « Mesrine, pour moi, est un rebelle pur et dur. Mais c’est aussi la France dans toute sa beauté : un type vantard et
râleur, qui peut être détestable et, la minute d’après, flamboyant. Quand je me vois dans le miroir, avec mes armes, j’ai aussi l’impression de faire un film sur la Résistance… » !!
L’amalgame est d’une finesse très sure. Quant au réalisateur, il a choisi son camp, semble–t-il : Mesrine meurtrier ? « Rien n’est moins sûr, corrige Jean-François Richet. Au jour
d’aujourd’hui, aucune preuve n’a été établie ». La cerise sur le gâteau : « Il faut essayer d’être juste sans salir sa mémoire ».
J’ai de fortes présomptions quant l’objectivité d’un tel projet. Le cinéma est un art subjectif, certes, mais
à faire des amalgames à la con, on risque plus que de l’argent. On crache ouvertement sur les héros, les
vrais…