
Ciné-oeil
Avec : Mathieu Amalric,
Emmanuelle Seigner, Marie-Josée Croze…
L’histoire : En 1995, un accident vasculaire brutal plonge Jean-Dominique Bauby, journaliste et père de deux enfants, dans un coma profond. A son réveil,
ses fonctions motrices sont inexistantes : il est atteint d’un "locked-in syndrome. Dans ce corps inerte, seul un oeil bouge. Cet œil va devenir son principal lien avec le
monde…
Mon avis : Voilà l’exemple type de film casse gueule : comment filmer la nouvelle vie d’un homme prisonnier de son corps et qui ne peut communiquer qu’en
clignant les yeux ? Julian Schnabel (dont j’avais adoré le Basquiat il y a quelques années) remporte ce pari avec un sens du cinéma qui l’honore. Utilisant la caméra subjective au
début du film (et des plans à la limite de l’expérimental), il élargit la vision de Bauby à mesure que celui-ci retrouve ses souvenirs et utilise son imagination. Belle cohérence formelle. Mais
le film surprend dans son ton, mêlant ironie et drame. Car le film est empreint d’humour parfois ravageur (si si) qui évite tout sentiment de gêne. L’émotion est là, bien sûr, grâce à des acteurs
surprenants : Amalric est formidable (et l’on ferait bien de lui donner un César tout de suite) et Niels Arestrup, dans une courte scène sidérant de finesse. Le scaphandre et le
papillon est une ode à la vie, qu’il serait dommage de manquer. Bouleversant, voilà le mot…