Lundi 25 février 2008
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A la lecture d’un article de Télérama sur le tournage du prochain film de Jean-François Richet Mesrine (au budget pharaonique de 45 millions d’euros, dix fois le budget d’un long métrage moyen nous
rappelle le magazine), j’ai cru vomir. L’article n’est qu’une élégie morbide et déplacée sur un bien triste personnage au parcours sanglant et plein de haine. Lisez plutôt : « A l’origine,
dit Vincent Cassel, l’interprète de Mesrine, je ne suis pas fan du personnage. Mais ce qui m’intéressait, c’est que Jacques Mesrine, un ancien d’Algérie, est une icône dans les cités ! C’est un
beau paradoxe ». Mais l’acteur va plus loin dans le mauvais goût : « Mesrine, pour moi, est un rebelle pur et dur. Mais c’est aussi la France dans toute sa beauté : un type vantard et
râleur, qui peut être détestable et, la minute d’après, flamboyant. Quand je me vois dans le miroir, avec mes armes, j’ai aussi l’impression de faire un film sur la Résistance… » !!
L’amalgame est d’une finesse très sure. Quant au réalisateur, il a choisi son camp, semble–t-il : Mesrine meurtrier ? « Rien n’est moins sûr, corrige Jean-François Richet. Au jour
d’aujourd’hui, aucune preuve n’a été établie ». La cerise sur le gâteau : « Il faut essayer d’être juste sans salir sa mémoire ».
J’ai de fortes présomptions quant l’objectivité d’un tel projet. Le cinéma est un art subjectif, certes, mais
à faire des amalgames à la con, on risque plus que de l’argent. On crache ouvertement sur les héros, les
vrais…
Mardi 13 novembre 2007
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Parce que la Commission de classification des oeuvres cinématographique vient d’interdire Quand l’embryon part
braconner aux moins de 18 ans, il semblerait selon les distributeurs que le spectre de la censure ait à nouveau pointé le bout de son nez. Le ministère de la culture a entériné cette
décision, entravant selon eux « la diffusion auprès du public d'œuvres exigeantes et subversives ». Je n’ai pas vu ce film et ne saurais me prononcer. Je comprends également les inquiétudes
commerciales de ces distributeurs. Néanmoins, est-il raisonnable de croire que notre beau pays soit de fait, marqué par cet irrésistible marronnier sécuritaire (on se souvient du
précédent soulevé avec Saw 3) ? Caché de Michael Haneke : en salles avec un avertissement (il y
avait d’ailleurs un enfant de 7 ans lors de notre séance), Flandres de Bruno Dumont : interdit
au moins de 12 ans, Les promesses de l’ombre de David Cronenberg : interdit au moins de 12 ans.
Voilà trois films exigeants et subversifs que des yeux et des cerveaux de 12 ans ( ! ) sont autorisés à voir en salles… Censure, vous avez dit censure ?
Lundi 9 avril 2007
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De Sam Shepard
Pour une fois, je ne parlerai pas d’un film mais d’un livre, en l’occurrence le dernier recueil de nouvelles de Sam Shepard, publié chez 10/18 et sobrement intitulé
A mi-chemin. Ceux qui aiment la prose de ce génial auteur (Paris,Texas, Don’t come
knocking) seront une nouvelle fois ébloui par la description de cette Amérique là, plus proche du mythe que jamais (le désert, les chevaux, les stetson…) et pourtant si touchante
dans ses rêves et espoirs fatigués. Malgré la mélancolie qui irradie ces 18 tranches de vies, Shepard semble plus apaisé que jamais et il y a sans doute moins de désespoir que dans Motel
Chronicles. Il y a aussi quelque chose de magique dans ses mots, une beauté un peu triste qui étonne sans cesse. On ne peut que tomber amoureux de cette Amérique, n’en déplaise aux
anti-ricains qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Rendez-justice au talent (pourtant sous-exploité dans les films) de Sam Shepard : lisez-le vite !
Vendredi 22 décembre 2006
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Il y a quelques mois, nous avons été désagréablement surpris de lire dans un journal gratuit de spectacles une remarque
assez nulle émise par le rédacteur en chef au sujet d’un réalisateur que nous aimons beaucoup et qui est aussi quelqu’un de bien : Patrice Leconte. Quelques mois plus tard, le coupable remet
le couvert (mais il n’est plus rédac chef) avec une mauvaise fois si évidente, qu’elle ne peut qu’apparaître rance (mot très prisé par les critiques en ce moment). Nous n’avons pas pu résister à
l’idée à nous livrer nous aussi à la critique de ce critique, que nous appellerons CC afin de ne pas faire à ce petit bonhomme plus de publicité qu’il ne mérite, en pastichant son dernier
« papier » presque mot pour mot. Voici le résultat :
« Avec quelques années de recul, on saisit mieux les critiques fielleuses de CC dans son petit canard de province : des formules gratuites, des petits
meurtres en règle de la part d’un critique peu respectueux qui peut enchaîner articles sur articles, coquilles pompeuses et prétentieuses, où la formule et les petites phrases assassines font
office d’analyse. Après avoir vomi sur le réalisateur Patrice Leconte, qu’il considère comme « peu fréquentable », histoire de se refaire une petite santé intellectuelle, il publie la même année une nouvelle gerbe qui est encore plus nulle : la ligne rouge est largement franchie. Soit un scribouillard peu
scrupuleux dont la méchanceté crasse (je dis du mal d’un type très connu et du coup, je passe pour un type super intelligent aux mots d’auteur hyper clairvoyants que tout le monde va reprendre en
chœur, c’est certain) ne cache pas longtemps la vraie ambition : claironner à longueur de pages une pub géante pour un laxatif où on a droit sans blague, à tous les mots indigents utilisées
par la critique branchée et parisienne genre les Inrockuptibles mais dans le désordre pour pas que ça se voit trop non plus. Vous, je sais pas, mais moi, j’avais jamais lu ça,
l’obligation de dégoûter les gens en étant stupidement désagréable. Il y a souvent quelque chose d’insupportable dans les papiers de CC, le pire critique provincial en activité. »
Lundi 13 novembre 2006
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C’est le genre de scènes que l’on voit de moins en
moins sur les écrans : dans Le Dahlia noir, les protagonistes se rendent au cinéma et l’on peut voir le plaisir et l’émotion sur leur visages. Nous sommes après-guerre et le cinéma
a encore gardé ce fort pouvoir d’émerveillement. Qu’en est-il aujourd’hui, époque où l’on télécharge outrageusement, où l’on se gave bruyamment de sucreries, où l’on pille les plus belles
musiques de film pour « illustrer » des jeux débiles ou rendre dramatiques des reportages sans intérêt ? A croire que le cinéma ne fait plus rêver, et pourquoi le ferait-il
d’abord, puisque dorénavant, on a le cinéma a la maison (écran plasma, son haute définition…). Equation perverse : de plus en plus de gens qui se rendent au cinéma font comme s’ils étaient à
la maison. Vous me direz : c’est déjà pas si mal, les gens se déplacent. Vous avez raison. Mais plusieurs questions se posent : la cinéphilie est-elle en danger ? A t’elle encore
sa place dans l’avenir ? …
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