Dimanche 12 février 2006
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Claude Chabrol est né à Paris le 24 juin 1930. Il poursuit des études dites “normales” (une licence de lettres et des études de pharmacie) à Paris, mais renonce bientôt à
toutes ces foutaises pour s'adonner à sa passion : le cinéma. Rat de Cinémathèque, passionné par le cinéma américain plus particulièrement, il devient bientôt critique, notamment aux
"Cahiers du Cinéma", une revue qui renouvelle alors totalement la façon de parler du 7e Art, avec un angle définitivement critique et tendu vers la notion d'auteur. Un temps attaché de presse
pour la Fox, Claude Chabrol publie, en 1957, en collaboration avec Eric Rohmer, autre pilier des "Cahiers du Cinéma", un livre sur Hitchcock. Et puis c'est le jackpot : la même année, la
grand-mère de sa femme lui lègue la coquette somme de trente-deux millions de francs ! Chabrol fonde illico sa société de production, et produit, pour démarrer, un court métrage de Jacques
Rivette, Le coup du berger, dont il est aussi scénariste. Le beau Serge, un drame campagnard qui dénote avec ses futurs thèmes de prédilection, sera son coup
d'essai en tant que réalisateur, d'emblée couronné par un succès commercial conséquent. Il reprendra ses comédiens principaux, Gérard Blain et Jean-Claude Brialy, pour Les
cousins, crépusculaire études de mœurs dans un Paris partagé entre existentialisme et misère. Après une série de films ambitieux qui s'avèrent commercialement peu rentables (Les
bonnes femmes, Les godelureaux, Ophélia – d'après Shakespeare – ou encore le drame adultérin L'œil du malin), il finit par tourner des
films alimentaires afin de se remettre en selle (et de payer ses impôts, selon ses propres aveux !) : la série des “Tigre”.
En 1968, Chabrol renoue enfin avec le succès, à la fois critique et public, en alignant une série de films prestigieux, raffinés et pervers : Les
biches, La femme infidèle, Le boucher, Que la bête meure, autant de portraits grinçants d'une certaine bourgeoisie provinciale où sa
femme Stéphane Audran se taille généralement la part du lion. Chabrol va ainsi être, pendant de nombreuses années, l'un des cinéastes français des plus productifs. En 1976, il travaille sur la
série télé "Madame le juge", avec Simone Signoret, et Violette Nozière lui donne l'occasion de renouer avec le succès cinématographique, en 1978, après cinq années et une
demi-douzaine de films que son auteur qualifie lui-même d'alimentaires. C'est donc évidemment un risque qu'il prend, en 1980, en se lançant dans l'adaptation du Cheval d'orgueil,
le roman breton de Pierre Jakez-Elias, avec des comédiens peu connus du grand public. Les années 80 seront pourtant des années “grasses”, car le cinéaste s'adonne alors à son genre de
prédilection, les polars torves à connotation sociale : Les fantômes du chapelier, Poulet au vinaigre, Inspecteur Lavardin (ces deux
derniers avec Jean Poiret en vedette), Masques, sur l'affairisme de certaines stars de la télévision, Le cri du hibou... Avec Une affaire de
femmes, en 1988, il met encore et toujours la bourgeoisie sur la sellette. Les années 90 restent dans le droit fil de son thème de prédilection,
outre plusieurs divertimento (les adaptation de Jours tranquilles à Clichy et de Madame Bovary, avec Isabelle Huppert, qui va alors devenir son actrice fétiche.)
Les succès s'accumulent, et le registre glisse vers un terrain nettement plus psychologique et intimiste (Betty, L'enfer). En 1995, La cérémonie
lui permet de récolter un de ses plus grands succès commerciaux, mettant en vedette Isabelle Huppert et Sandrine Bonnaire dans un drame bourgeois des plus pervers. Retour d'Isabelle Huppert pour
la ballade Rien ne va plus (son cinquantième film) et de Sandrine Bonnaire dans Au cœur du mensonge, puis re-Isabelle Huppert, star introvertie de Merci
pour le chocolat. C'est ensuite Nathalie Baye qui poursuit cette suite logique, en incarnant, dans La fleur du mal, une bourgeoise dynamique se prêtant au jeu des
élections municipales alors que sa famille recèle de bien lourds secrets. L'année suivante, c'est avec La demoiselle d'honneur que revient Claude Chabrol, pour l'histoire d'un
cadre sans histoire (Benoît Magimel) qui tombe amoureux de la jeune et mystérieuse Senta (Laura Smet), alors qu'en 2006, c'est Isabelle Huppert qui tient le premier rôle de L'ivresse du
pouvoir, fable à peine voilée sur ce qu'on a appelé “l'affaire Elf”, où l'actrice incarne une juge d'instruction qui se heurte aux luttes d'influence qui gouvernent en sous-main le monde
complexe des affaires… Il enchaine en 2007 avec La Fille coupée en
deux.
FILMOGRAPHIE
1958 Le beau Serge
1959 Les cousins
1960 A double tour
Les
bonnes femmes
Les godelureaux
1961 Les sept péchés capitaux (un sketch)
L'œil du malin
1962 Ophélia
Landru
1963 Les plus belles
escroqueries du monde (un sketch)
1964 Le Tigre aime la chair fraîche
1965 Le Tigre se parfume à la
dynamite
Marie-Chantal contre le Dr
Kha
Paris vu par... (un
sketch)
1966 La ligne de démarcation
1967 Le scandale
La route de Corinthe
1968 Les
biches
La femme infidèle
1969 Que la bête meure
1970 Le boucher
La rupture
1971 Juste avant la
nuit
La décade prodigieuse
1972 Docteur Popaul
1973 Les noces rouges
Nada
1974 Une partie de plaisir
Les innocents aux mains sales
Les magiciens
1975 Folies
bourgeoises
Alice ou la dernière fugue
1977 Les liens du sang
1978 Violette Nozière
1980 Le cheval
d'orgueil
1982 Les fantômes du chapelier
1984 Le sang des autres
1985 Poulet au vinaigre
Inspecteur Lavardin
1987 Masques
Le cri du hibou
1988 Une affaire de
femmes
1989 Jours tranquilles à Clichy
1990 Docteur M
1991
Madame Bovary
1992 Betty
1993 L'œil de Vichy
1994
L'enfer
1995 La cérémonie
1997 Rien ne va plus
1998 Au cœur
du mensonge
2000 Merci pour le chocolat
2002 La fleur du
mal
2004 La demoiselle d'honneur
2006 L'ivresse du pouvoir
2007 La Fille coupée en deux
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