Mardi 6 octobre 2009
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Rupture tranquille ?
De : Marc Webb
Avec : Joseph Gordon-Levitt, Zooey Deschanel…
L’histoire : Tom croit à l’amour fou. Cela tombe bien, il est amoureux de Summer. Pourtant, si Summer aime bien Tom, elle ne croit pas à l’amour. Leur relation
tiendra-t-elle plus que 500 jours ?
Mon avis : Premier film de Marc Webb, (500) jours ensemble fut le succès surprise de l’été au box office US, et précédé d’une rumeur flatteuse depuis
le festival de Deauville. Eh bien voilà un film qui fait bien plaisir à voir ! Fausse comédie romantique, ce (petit) film évoque toutes les phases par lesquelles tout un chacun passe lors
d’une histoire amoureuse : la rencontre, la première visite de l’appart de l’un puis de l’autre, première sortie en couple chez Ikéa, les premières fois, les premiers froids, et… Le
scénario, déconstruit, mais tout à fait compréhensible, utilise tout les ressorts permis par le cinéma (split-screen, animation, chronologie bousculée…) pour illustrer sa chronique amoureuse,
sans que cela soit ni artificiel ni péteux. Bravo ! Cela est d’autant plus réussi que (500) jours ensemble, à l’image de son casting attachant, ne se prend pas au sérieux. Les
nombreux clins d’œil cinéphiliques ultra éclectiques (de Bergman à Dirty Dancing, sans rire !) qui ponctuent ce film ne font que renforcer cet aspect. Sarcastique sans être cynique,
frais sans être niais, cette chronique pop (la B.O est épatante) et pétillante d’un amour fragile laissera maints spectateurs avec le sourire aux lèvres en fin de projection.
Dimanche 4 octobre 2009
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Course de désorientation
De : Sydney Lumet
Avec : River Phoenix, Judd Hirsch…
L’histoire : Danny, 17 ans, est le fils d'anciens militants contre la guerre du Vietnam, en fuite depuis un attentat contre un laboratoire de l’armée
américaine qui fit une victime. Lors de leur étape dans une petite ville, Danny rencontre Lorna, la fille de son professeur de musique. Le jeune homme se voit proposer une autre vie…
Mon avis : Réalisé en 1988, A bout de course n’est pas le plus connu des films de Sydney Lumet (Serpico, Un après-midi de chien)
mais cela ne l’a pas empêché d’obtenir maintes critiques élogieuses et diverses récompenses. Il faut dire que le thème ne manque d’intérêt : doit-on payer pour les erreurs commises par ses
parents ? Le personnage interprété par River Phoenix, jeune pianiste doué, ressent tout autant un besoin d’émancipation qu’une envie de s’accomplir. Mais le passé de ces parents ne fait que
remettre en cause son futur qui pourrait brillant. Le choix de l’acteur (décédé en 1993 à l’âge de 23 ans) n’est pas anodin : il fut obligé de suivre des parents bourlingueurs et
appartenant un temps à une secte. Cela explique sans doute pourquoi l’acteur est si convaincant dans ce rôle. Malgré ce point fort, on aurait aimé que le film emprunte davantage les voies du
polar ou du suspense. Non pas parce que cette chronique familiale soit inintéressante, mais on a vu dernièrement avec les films de James Gray (avec Joaquin Phoenix, le frère de…) combien la noirceur et les dilemmes familiaux pouvaient donner de formidables drames universels et
captivants. C’est, à notre humble avis, ce qui manque ici. Mais l’ensemble se révèle suffisamment lucide et sensible pour y jeter un coup d’œil.
Lundi 28 septembre 2009
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Maître-queux
De : Martin Scorsese
Avec : Paul Newman, Tom Cruise…
L’histoire : Eddy Felson, ancien crack du billard, est devenu représentant en alcools. Le jour où il rencontre l’impétueux et doué Vincent, il décide de le
prendre sous son aile et de l’initier aux arnaques…
Mon avis : La Couleur de l’argent n’est sans doute pas le film le plus personnel de Martin Scorsese (il avait accepté se film de commande pour pouvoir
monter La Dernière tentation du Christ), mais il y démontre tout le savoir faire qui a fait de lui l’un des maîtres du septième art : même autour d’un billard, la caméra virevolte,
et adopte des points de vue étonnants. Bref, Scorsese pourrait rendre visuellement attrayant même le plus minable des concours de pétanque. Le film donne également à voir un duel générationnel
entre un Newman vieillissant mais toujours classe (il obtint un Oscar pour ce rôle), et un Cruise aux dents longues mais trop chien fou. Attention, Scorsese ne met pas en scène un tristounet un
chant du cygne, ni une passation de pouvoir entre acteurs. Il préfère démontrer qu’en définitive, le talent ne s’use que si l’on ne s’en sert pas. S’il n’atteint certes pas le niveau de
Casino ou des Infiltrés (mais est-ce possible ? Nous verrons avec Shuter Island en
février 2010), La Couleur de l’argent reste un vrai plaisir de cinéma. Pourquoi s’en priver ?
Dimanche 27 septembre 2009
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Histoire pour les cracks
De : Ryan Fleck et Anna Boden
Avec : Ryan Gosling, Shareeka Epps…
L’histoire : Dan Dunne enseigne avec passion l’histoire à des adolescents en difficulté dans un lycée de Brooklyn. Drey, l'une de ses élèves, le surprend son en train de fumer du crack dans
un vestiaire de l’établissement...
Mon avis : Récompensé dans de nombreux festivals, Half Nelson était donc précédé d’une réputation flatteuse à sa sortie en France en 2007. La nomination aux Oscars de Ryan Gosling
avait d’autant plus aiguisé l’intérêt. Malgré son petit budget et son sujet assez pessimiste, le film ne tombe ni dans la caricature ni dans le drame glauque. Parce que le scénario humaniste
évite la leçon de morale et surtout parce que le casting illumine cette chronique ordinaire. Ryan Gosling est tout simplement formidable dans ce rôle de prof flirtant avec la ligne blanche. Son
talent et sa finesse crèvent littéralement l’écran. Quand ce n’est pas les tympans puisque le bonhomme est également un musicien
surprenant. La jeune Shareeka Epps, élève peut-être plus mature que le prof, donne vraiment bien le change. Réaliste (filmé caméra à l’épaule pour renforcer l’aspect « sur la
brêche »), sensible, Half Nelson fait partie de ces films indépendants américains qui démontrent combien on peut parler de son époque sans tomber dans les discours plombants, ni
dans le politico-simpliste…
Lundi 21 septembre 2009
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19:49
Liberté chérie
De : Steven Spielberg
Avec : Anthony Hopkins, Matthew McConaughey, Djimon Hounsou...
L’histoire: En 1839, des prisonniers africains envoyés au Etats-Unis comme esclaves à bord du navire Amistad se rebellent et suppriment une partie de l’équipage.
Ramenés malgré eux en Amérique, ils sont jetés en prison pour mutinerie. Deux abolitionnistes vont tenter de les défendre…
Mon avis : Sorti en 1998, Amistad est loin d’être le film le plus connu de Steven Spielberg. Il me semble d’ailleurs que la critique française avait
accueilli le film assez tièdement. Pourtant, le film mérite vraiment le coup d’œil. Tiré d’une histoire vraie, il traite d’un sujet « poil à gratter » tant pour les Etats-Unis que pour
l’Europe : l’esclavage. D’ailleurs, les films sur le sujet ne sont pas légion. Spielberg a au moins le mérite de s’y coller. Mais surtout, le réalisateur n’a rien perdu de son talent :
scènes spectaculaires et puissantes (la révolte des esclaves, mais pas que), casting hollywoodien convaincant (on avait oublié que McConaughey pouvait être autre chose qu’un type bronzé qui passe
son temps à faire du sport sur une plage de Malibu), et surtout un vrai sens du récit. Amistad n’aurait pu être qu’un film de procès. Ben non. Bien sûr, certains trouveront la musique de
John Williams envahissante ou le film plein de bon sentiments. Espérons qu’ils ne soient pas trop nombreux ! Amistad fait de la catégorie des films nobles et nécessaires. A
voir, donc.
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