Mardi 29 mai 2012
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De : Orson Welles
Avec : Orson Welles, Joseph Cotten, Dorothy Comingore...
L’histoire : A la mort du grand magnat Charles Foster Kane, des journalistes essaient de percer le secret du dernier mot
qu’il prononça avant sa mort : « Rosebud »…
Mon avis : Tout a été dit ou écrit sur ce film, sans doute le préféré des cinéastes (dont Steven Spielberg) et de la
critique (en 2007, 78 critiques et historiens réunis par les Cahiers du Cinéma du cinéma l’ont élu meilleur film de tous les temps). Mais une question se pose cependant : comment
revoir ce film en oubliant sa notoriété et de son statut officiel de chef d’œuvre ? Réalisé en 1941 par un jeune homme de vingt-six ans auquel les studios avaient donné carte blanche,
Citizen Kane fait figure d’intouchable dans les cercles de cinéphiles. Ayant vu le film il y a plus de vingt ans, il ne m’avait pourtant pas laissé un souvenir mémorable. Je me souviens
même m’y être un peu ennuyé… A la revoyure, Citizen Kane dévoile toute sa richesse, essentiellement technique ! Cadrages incroyables (le meeting de Kane), fondus enchaînés,
profondeur de champ jamais vue jusqu’alors, c’est un véritable festival de prouesses visuelles. Les premières images sont inoubliables (plans très sombres de Xanadu le palais de Kane, suivi de la
fabuleuse scène de la boule à neige qui se fracasse sur le sol). Qu’est-ce qui fait alors que ce film ne figure pas sur la liste de mes films préférés ? Le jeu des acteurs est pourtant très
bon (Welles est magnétique), le scénario à tiroirs soigné (les témoignages de ceux qui ont côtoyé le magnat) et les images sublimes. A mon avis, le vrai problème de Kane est qu’il ne m’a pas ému,
ni emporté tout simplement. Si l’idée de départ s’avère brillante (peut-on définir un homme avec les dernières paroles qu’il a prononcées ?) et l’évocation de la fin de l’innocence bienvenue, il
est difficile d’éprouver de l’empathie pour ce personnage bigger than life (Randolph Hearst et Howard Hughes se sont d'ailleurs sentis visés), dont l’esprit de conquête en fait un pur
produit de sa nation, dont la déchéance est évidemment programmée. La fin du film incite tout de même à une certaine réflexion : le mystère de Kane ne sera jamais résolu (même si le
spectateur connaîtra la signification du mot Rosebud), et ainsi doit-il en être pour tous les hommes de la planète. Oui, Orson Welles était génial. Sur ce blog, nous préférons (et de loin) la
noirceur et la moiteur de La Soif du mal à ce Kane révolutionnaire mais qui nous a quand même laissés sur notre faim…
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Dimanche 27 mai 2012
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« Cannes c’est d’abord un escalier : un escalier facile à monter… difficile à descendre. »
Claude Lelouch, Itinéraire d’un enfant très gâté
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Mercredi 23 mai 2012
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16:52
De : Roman Polanski
Avec : Kate Winslet, Jodie Foster, John C. Reilly, Christoph Waltz…
L’histoire : Deux couples de parents d’élèves se rencontrent afin de régler le contentieux qui a poussé leurs enfants
à se quereller…
Mon avis : Adapté d’une pièce de théâtre de Yasmina Reza, Carnage est un huis clos jouissif sur les
hypocrisies des biens pensants et autres donneurs de leçons. Vif et incisif, le film possède des dialogues remarquables et vraiment jubilatoires. La mise en scène de Polanski est certes discrète,
mais évite longueurs et baisses de rythme qui parfois pénalisent ce genre de film. Carnage bénéficie également d’un quatuor d’acteurs et d’actrices épatants et extrêmement bien choisis.
Un film sans doute mineur dans la filmographie de Polanski (Chinatown, Le Pianiste), mais l’exercice de style vaut vraiment le coup d’œil.
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Dimanche 20 mai 2012
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« Ce qui frappe à Cannes, c’est l’enthousiasme, la cinéphilie. »
Clint
Eastwood
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Samedi 19 mai 2012
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07:59
De : Nanni Moretti
Avec : Nanni Moretti,
L’histoire : Journal intime est composé de trois chapitres dans lesquels Nanni Moretti joue son propre
rôle : En Vespa évoque ses balades dans Rome, Iles un périple avec un ami dans les îles Eoliennes et enfin Médecins dans lequel il évoque son combat contre le
cancer…
Mon avis : Prix de la mise en scène à Cannes 1994, Journal intime est un film surprenant et très personnel.
Moretti semble vouloir s’affranchir des procédés classiques de la narration et se filme en toute liberté dans trois segments tour à tour lumineux, cocasse et grave. Narcissique (une marque de
fabrique de l’auteur) mais généreux, le film pourra se révéler, selon l’humeur, séduisant ou irritant dans sa mise en scène, à l’image de ce plan séquence magnifique et surprenant où l’on voit
Moretti se rendre en Vespa sur le lieu où Pasolini a été assassiné. L’humour morettien est, il est vrai, assez particulier, mais Journal intime a le grand mérite de ne jamais
sombrer dans l’autocélébration. En tout cas, c’est l’œuvre d’un amoureux de Rome et de la vie, qui finit par toucher lorsqu’il évoque sans pathos sa lutte contre le cancer. Difficile de ne pas
évoquer le superbe dernier plan du film (un regard caméra de Moretti) : incisif et plein de vie, il est une conclusion pleine de vitalité et d’espoir…
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