De : Sam Mendes
Avec: John Krasinski, Maya Rudolph...
L’histoire : Burt et Verona ont la trentaine, ils s’aiment et attendent un bébé. Ils se demandent quel est l’endroit rêvé pour l’élever et décident de voyager
à travers les Etats-Unis pour prendre leur décision…
Mon avis : Pendant beaucoup optimiste sur le couple que Les Noces
Rebelles (sorti en début d’année), Away we go est la preuve que Sam Mendes (Les Sentiers de la perdition, Jarhead) est un réalisateur surprenant. Le réalisateur a su mêler légèreté dans le ton et pertinence dans le fond.
Cette radiographie tendre de la vie à deux (et bientôt à trois) s’appuie sur des dialogues décalés et sur un duo d’acteurs attachant pour développer un thème pas si courant : existe t’il un
endroit et un entourage idéal pour élever un enfant ? Ses héros trentenaires, un tantinet baba-cool et se sentant presque des losers, vont surtout en apprendre sur eux mêmes grâce à leur
périple pré-natal (Tucson, Montréal, Miami). C’est bien sûr, le principe du road movie, et cela fait du bien de voir que le genre peut être traité avec légèreté. Surtout, Away we go
confirme combien l’Amercan Way of life selon Sam Mendes (réalisateur anglais !) a toujours du plomb dans l’aile ! (cf. American Beauty), comme le confirme la galerie de
personnages et de familles faussement tranquilles et finalement bien plus barrés que nos protagonistes. Cerise sur le gâteau : une bien jolie bande original tendance folk.
Jeunet joli
De : Jean-Pierre Jeunet
L’histoire : Bazil, employé tranquille d’un vidéo club, se prend un jour une balle perdue qui se loge dans sa tête. Il décide de se venger des fabricants
d’armes responsables de son malheur…
Mon avis : Jeunet revient et c’est une bonne nouvelle ! Son nouvel opus ne déroge pas à la règle du style Jeunet : couleurs chaudes, images retravaillées,
mise en scène inventive, casting de tronches… Et ça fait du bien de voir un film français avec une vraie personnalité, une vraie envie de cinéma. Que son esthétique ne plaise pas à tout le monde,
cela est légitime même si de « brillants critiques » déplorent le fait que ces images soient retouchées ! On se souviendra que le plus idiot d’entre eux reprochait à
Amélie Poulain de montrer « une France rétrograde, ethniquement nettoyée, nauséabonde ». Sic. Mais personne ne peut dire que ce type là n’a pas de talent, une vision vraiment
affirmée. Micmacs est certes un film moins ambitieux formellement que Un Long dimanche de fiançailles, mais on y retrouve la fantaisie et le charme taquin de Amélie
Poulain. Plutôt pas mal, non ? Un petite réserve cependant : malgré des dialogues vraiment brillants de Guillaume Laurant (cinquième collaboration avec Jeunet), le scénario n’est
sans doute pas le meilleur atout de Micmacs. On prendra pour exemple la caractérisation des fabricants d’armes, un brin simpliste tout de même. Néanmoins, il serait dommage de bouder ce
joli film inventif et qui fait du bien. Il n’y a pas de doute, Jeunet est toujours l’un des meilleurs cinéastes français en activité. Cerise sur le gâteau : Micmacs est truffé de
clins d’œil cinématographiques…
Lui aussi repéré dans Rescue Dawn, Steve Zahn débute sa carrière par un rôle dans Friends : celui du mari
homosexuel de Phoebe (saison 2). Il enchaînera avec quelques rôles sur grand écran avec plus ou moins de discernement dans ses choix (USS Alabama, Hors d’atteinte, Vous avez
un message, Stuart Little, Sahara, Bandidas…). Il joue aussi dans l’excellent Sunshine
Cleaning. Continue comme ça Steve, et on te reverra !
Il était une voix
De : John Carney
Avec : Glen Hansard, Marketa Irglova…
L’histoire : A Dublin, un réparateur d’aspirateurs rencontre une vendeuse de rue immigrée. Ils n’ont rien en commun à part leur passion pour la musique…
Mon avis : Succès surprise de 2007, Once est un objet filmique et musical surprenant.
Au départ, le film déroute même un peu : on a l’impression de retrouver un de ces films Dogme95 initiés par des cinéastes nordiques il y plus de dix ans :
scènes étirées, caméra portée (même si ici la caméra reste relativement stable), et format DV. Et puis surtout, peu de dialogues, les personnages principaux ne se découvrant vraiment qu’en
chantant ensemble. Petit à petit, la magie opère, l’émotion déboule : Once n’est plus le « petit » film romantique que l’on s’attendrait à voir (cf. l’affiche) mais une
chronique vraiment attachante comme on en voit assez rarement. A l’image de ses personnages, le réalisateur John Carney arrive à faire quelque chose de très beau avec trois fois rien. La musique
a la part belle dans cette réussite : exécutée live par ses interprètes musiciens, elle est bel et bien un autre personnages du film. Autant dire qu’elle est magnifique. Beaucoup d’atouts,
donc, pour un film tourné en deux semaines !
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